La Charte Paysagère

Dès 1999, Ponthoile a fait appel au bureau d'étude OUTSIDE pour élaborer une CHARTE PAYSAGERE ayant pour but de préserver les espaces naturels remarquables de son territoire ainsi que de répertorier les éléments constitutifs de l'écriture villageoise de la commune. Cette étude fut un préliminaire au futur Plan Local d'Urbanisme. Un certain nombre d'enjeux paysagers et de préconisations ont vu le jour après une observation minutieuse du territoire. Dans les pages qui suivent vous trouverez les éléments extraits du document édité par le bureau d'étude, consultable en mairie.

ROUTES ET PAYSAGE

ENJEUX
La diversité des paysages et des milieux naturels est favorisée par certaines pratiques d'exploitation économique (pâturages extensifs, entretien des marais par les huttiers…). Mais pour être préconisées, ces pratiques doivent encore avoir un sens et une réalité pour les exploitants. Figer le paysage par un entretien artificiel irait à l'encontre de son dynamisme et de son évolution. Par contre, objectifs économiques et environnementaux peuvent être compatibles.
Les routes et les chemins sont les itinéraires privilégiés de découverte des paysages.
L'accompagnement végétal des routes (accotement et fossé de drainage) permet l'écriture du paysage en garantissant la pérennité de son identité.
La qualité des paysages perçue depuis les routes et chemins est un potentiel fort pour le développement touristique.

PLAINE
Type d'exploitation. Agriculture. La plaine est caractérisée par son ouverture qui dégage la vue vers le village, les marais et les bas champs.
Bord de route. Les haies champêtres doivent rester basses pour ne pas cacher la vue (aubépine, charme, noisetier, prunellier, sureau, troène…). Les chemins sont en silex.

BAS CHAMPS
Type d'exploitation. Pâturages extensifs de bovins, chevaux, moutons.
Bord de route. Haies champêtres libres (aubépine, noisetier, prunellier, saule marsault, viorne obier, frêne). Roseaux, iris et saules têtards, maintien des fossés humides.

MARAIS
Type d'exploitation. Chasse, entretien des platières par les huttiers. Ces milieux se caractérisent par une forte richesse écologique liée à l'eau. Le niveau de l'eau doit être suffisant pour maintenir cette richesse.
Bord de route. Pas de haie pour maintenir l'ouverture du marais. Roseaux et saules libres ponctuellement.

MOLLIERES – BAIE
Type d'exploitation. Pâturage des moutons de prés salés. Grande richesse écologique et ornithologique liée à l'eau et aux vasières. Favoriser l'écoulement des rivières dans la baie pour maintenir les vasières.
Bord de route. Maintenir dégagée la route du tour de baie pour la vue.


URBANISATION ET PAYSAGE

ENJEUX
Le développement urbanistique est un enjeu important pour Ponthoile : il contribue au dynamisme communal, au maintien des commerces et de l'école.
Cependant, l'extension urbaine doit pouvoir être contrôlée et préconisée en fonction d'objectifs paysagers, afin de préserver la qualité des milieux et l'attrait touristique qui en découle.
Il faut évaluer la capacité d'accueil du territoire sans que ses qualités propres soient dénaturées.

EXTENSION DU BÂTI
Stopper l'urbanisation linéaire qui bouche ou parasite la vue vers les paysages depuis les routes et chemins.
Protéger les continuités paysagères (maintenir les coupures de l'urbanisation linéaire) qui sont menacées.
Proposer des formes d'extension du bâti respectant les morphologies urbaines locales (contraintes par l'eau qui limite l'extension en épaisseur) : densification d'un cœur, doublement d'un linéaire. Préférer l'implantation dissymétrique du bâti le long des routes qui permet de conserver le vis-à-vis de l'habitat avec son paysage souvent remarquable.
Respecter les grosses fermes traditionnelles pour préserver le contact direct de ces enclos bâtis avec les zones agricoles. Maintenir les fermes isolées sans urbanisation : Romiotte par exemple.
Respecter l'homogénéité de certains fronts urbains : Chemin du Mont Gréval, Le Hamel… Dans le cas d'une extension, les nouvelles constructions devront respecter le caractère et la cohérence du bâti existant.

TRAITEMENT DES FRANGES
Le bâti est intégré dans la végétation.
Les extensions urbaines devront s'accompagner d'un traitement végétal des franges entre bâti et paysage.
Installer des haies champêtres à l'arrière des parcelles privées ou le long de la route qui borde ces parcelles.
Les essences seront choisies en fonction des entités paysagères.

LES « PLANS »
Maintenir des « plans » existants non constructibles (petites parcelles en herbe, en verger… qui rythment les maisons. Lors des extensions linéaires, réserver des parcelles non constructibles en prairie, afin de respecter la morphologie urbaine traditionnelle.
Réserver des parcelles communales de part et d'autres des extensions, pour y développer des espaces publics de transition (vergers par exemple). Ces parcelles jouent également le rôle de frange végétale entre bâti et paysage.

VOLUMETRIE DU BÂTI ET IMPLANTATION SUR PARCELLE
Conserver une volumétrie du bâti nouveau en proportion avec l'ancien : plus long que haut et plus long que large.
L'implantation du bâti sur la parcelle ne doit pas se faire au milieu de la parcelle, ni sur une butte, mais plus proche de la route, en réservant une cour plus large que longue.
Traiter les limites de parcelle sur les côtés et à l'arrière (haies champêtres), ainsi qu'en façade (haies champêtres ou muret en briques, plus fleurs en pied de mur ou de haie.



ESPACE PUBLIC ET ECRITURE VILLAGEOISE

ENJEUX
L'espace public doit être le lieu d'expression privilégié de l'identité villageoise.
Cette identité se traduit à travers des éléments et des matériaux caractéristiques que l'on nomme écriture ou vocabulaire.

CHAUSSEE
Enrobé en gravillons dans le centre du village.
Enrobé noir pour les autres sections de route.

CANIVEAUX – FIL D'EAU
Pas de bordurage. Caniveaux en pavés grès ou lit en silex.

TROTTOIRS ET ACCOTEMENTS
Trottoirs en béton désactivé rosé ou stabilisé ocre dans le centre du village.
Accotements enherbés.
Accotements stabilisés devant les entrées privées.

FOSSÉS POUR LES ROUTES DE BAS-CHAMPS ET MARAIS
Retenue des terres côté privé en fascinage de saules vivants.
Roseaux sur la pente du fossé côté public.

LIMITES ET CLÔTURES
Muret en briques picardes rehaussé d'une ferronnerie à barreaux fins et simples, vert picard, blanc ou rouille (attention au blanc qui est très visible et prend le dessus sur la maison).
Haies champêtres et bandes fleuries en pied de muret et de haie.


EXEMPLES d'ARBUSTES et de VIVACES à utiliser...

ARBUSTES CHAMPÊTRES POUR LA PLAINE

Prunier myrobolan, Cornouiller mâle, Aubépine monogyne, Erable champêtre, Houx, Noisetier, Sureau noir, Troène commun, Cornouiller sanguin, Charme, Prunellier...

ARBUSTES CHAMPÊTRES POUR LES BAS-CHAMPS ET LE MARAIS

Aubépine monogyne, Houx, Noisetier, Troène commun, Cornouiller sanguin, Prunellier, Eglantier, Viorne obier, Bourdaine, Saule marsault, Saule tétart...

VIVACES POUR LE FLEURISSEMENT DES PIEDS DE MUR

Situation ensoleillée ou soleil atténué, sol plutôt sec ou drainant :
Aubriète, Thlaspi, Corbeille d'or, Phlox subulé, Iris des jardins, Céraiste laineux, Euphorbe, Œillet mignardise, Valériane rouge, Gazon d'Espagne, Gypsophile brouillard, Sédum...

Situation mi-ombre ou ombragée, sol frais :
Plante du Savetier (Bergénia), Primevère, Tiarelle, Heuchère, Brunelle, Hosta, Renouée en tapis, Violette cornue, Linaire pourpre...


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